Littérature jeunesse·Romances

« Au nom de l’ours » de Catherine Dabadie

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Au nom de l’ours » 
Auteur : Catherine Dabadie
Genre : Roman contemporain / Littérature ado
Éditeur : Actes Sud

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résumé du livre

Lucrèce vit dans une gare désaffectée, au pied des montagnes, dans une vallée sauvage et reculée, où le dernier ours du pays a trouvé refuge. À treize ans, elle souffre d’être mise au ban de son village par la faute de ses parents, des militants écolos bohèmes qui s’opposent vigoureusement à la construction d’un tunnel qui éventrera la montagne pour faire passer des camions. Lucrèce voudrait vivre comme tout le monde, avoir un smartphone, des vêtements à la mode et des amis. Quand elle entre enfin au collège et qu’elle tombe amoureuse de Simon, un Parisien déraciné et individualiste, elle pense pouvoir grandir selon ses propres choix. Mais Simon n’est autre que le fils du chef de chantier… Terrible dilemme pour l’adolescente alors que le conflit gronde entre pro et anti-tunnel à l’approche du début des travaux.

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Ma critique

Décidément, la sélection MoseL’Lire sera très axée sur les thématiques de l’engagement et de l’écologie ! « Au nom de l’ours » rentre parfaitement dans le cadre, puisqu’il va mettre en scène Lucrèce, la fille de deux révolutionnaires écologistes vivant de manière bohème et respectueuse de l’environnement. Comme ses parents, l’adolescente a du respect pour la nature. D’ailleurs, il n’est pas rare qu’elle aille arpenter la forêt de la vallée dans laquelle elle vit. Elle sait pister, reconnaître les plantes… et a tissé un lien amical avec le dernier ours du coin ! C’est d’ailleurs pour ce dernier qu’elle va se battre aux côtés de ses géniteurs, car le pauvre ursidé est en danger : la mairie veut construire un tunnel dans la montagne, ce qui menacerait la vie de l’animal. C’est à force de détermination, de cris, de courage, d’entraide et de passion que la jeune héroïne tentera de lui venir en aide…

Avant d’en arriver au cœur du problème, le récit va mettre en avant la quête identitaire de l’héroïne. Lucrèce a passé toute sa scolarité à domicile. Or, suite aux recommandations de ses proches, l’adolescente va enfin découvrir le collège. Hélas, ce nouveau monde est comme dans les films : le personnage principal devient la victime de harceleurs et elle a un seul ami pour l’épauler. Cela dit, il y a des petites surprises… Par exemple, j’ai beaucoup aimé Anton, le rival, car il est plus nuancé qu’il n’y paraît. C’est vraiment un personnage que l’on va apprendre à connaître au fil de l’histoire et qui va évoluer autant que la narratrice. À cause d’Anton, la demoiselle va donc vivre un véritable enfer au collège et va devoir apprendre où est sa place. Mais quel plaisir de voir la jeune fille gagner en assurance et en ténacité ! On regretterait même qu’il s’agisse d’un one-shot… Ainsi, je ne dirais pas non à une suite.

Le grand panel de personnages est, à mes yeux, l’un des atouts du livre. En effet, Lucrèce ne sera pas la seule à agir selon ses convictions. Ses parents, ceux d’Anton, ceux de Simon et les deux adolescents auront également un rôle important à jouer. Eux aussi choisiront leur voie, leurs propres décisions et s’y tiendront. Comme pour Lucrèce, j’ai aimé assister à l’approfondissement de leur personnalité.

Comme l’indique le résumé, l’ouvrage propose également une romance. Cependant, celle-ci ne m’a pas spécialement convaincue ! Je dirais même que s’il avait s’agit d’une simple amitié, cela ne m’aurait pas dérangée. Simon, le fils d’une riche famille de parisiens chargés de la construction du fameux tunnel, va rapidement tisser des liens avec Lucrèce. À la manière de Roméo et Juliette, le tandem va se fréquenter en secret, notamment à cause l’interdiction des parents écologistes. La romance m’a semblé très légère, trop rapide et peu crédible. J’aurais souhaité un peu plus d’échanges pour y croire… D’ailleurs, cette relation m’a surtout donné l’impression d’un prétexte facile pour permettre à l’héroïne de découvrir des révélations majeures dans le récit. Or, c’est ce qui, à mes yeux, fait le plus défaut à cet ouvrage : les choses sont assez prévisibles et parfois peu crédibles (ex : ours très docile et compréhensif).

Ceci dit, cela reste une lecture distrayante, fluide et sympathique. Une aventure humaine et engagée qui met en avant le fait de grandir et l’importance de l’écologie, à petite ou grande échelle.

. mosel-lire-2020-2021

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Citations

– Je t’explique. Au collège, il y a des castes. Anton, il est en haut, c’est un populaire. Toi, t’es tout en bas, tu n’existes pas. Pour bien te situer, pense aux intouchables en Inde, m’avait-elle expliqué en triturant les bagues qu’elle portait à chaque doigt de la main gauche. Elle me décrivait ma déchéance sociale aussi simplement que si elle m’avait expliqué la règle de trois en mathématique.
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Corinne s’est approchée d’Anton et, comme elle avait une voix puissante, j’ai parfaitement entendu ce qu’elle lui a glissé à l’oreille. – Si tu cherches encore des poux à Lucrèce, c’est pas du Marylin que tu chanteras, mais du Serge Lama. Capito ? Je ne savais pas qui était Serge Lama, mais je devinais que c’était du lourd sur le plan musical.
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Des milliers et des milliers d’années Ne sauraient suffire Pour dire La petite seconde d’éternité Où tu m’as embrassé.
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Ma note

♥♥♥ 3,5/5

7 réflexions au sujet de « « Au nom de l’ours » de Catherine Dabadie »

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