Fantastique/Fantasy·Littérature jeunesse·Young adult

« Bpocalypse » d’Ariel Holzl #plib2021

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Bpocalypse »
Auteur : Ariel Holzl
Genre : Fantastique / Dystopie / Post-Apo’ / Littérature ado – young adult
Éditeur : L’école des loisirs
#ISBN9782211310161

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résumé du livre

Pour se rendre au lycée, Samsara n’oublie jamais sa batte de baseball, ses talismans et son couteau de chasse. Tout ce dont elle a besoin pour affronter les animaux mutants, fantômes et autres créatures qui ont envahi les rues de Concordia après l’Apocalypse. Aujourd’hui, la ville vient de lever la quarantaine de l’ancien parc public et s’apprête à accueillir ses habitants, réputés avoir muté. Les deux jumeaux que Sam voit débarquer dans sa classe sont loin d’avoir un physique standard. Très vite, ceux qui se moquent d’eux ou les prennent à partie sont les victimes d’incidents inexpliqués. Tout semble accuser les nouveaux venus. Mais dans une ville comme Concordia, peut-on se fier aux apparences ?

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Ma critique

couv27766252Malgré le fait que « Les sœurs Carmines » n’aient pas réussi à me conquérir, cette nouvelle publication d’Ariel Holzl me faisait de l’œil. On est clairement sur un roman futuriste et fantastique pour adolescents / young adult. D’ailleurs, cela se ressent beaucoup du côté de la narration avec le langage employé par les héros, dans la relation qu’ont les protagonistes ou dans le lieu où se déroulera principalement l’intrigue (le lycée). Ce point ne me dérange pas toutefois, je sais qu’il peut rebuter d’autres lecteurs… Pour ma part, j’ai aimé suivre ces adolescents à travers ce monde post-apocalyptique où coexistent toutes sortes d’être agressifs. On distingue des créatures « classiques » (zombies, fantômes), celles rarement mises en avant en littérature (mimique, wendigo, etc.) ou encore celles inventées par l’auteur (êtres hybrides ayant fusionné comme les razards, les orchidées sangsues, etc.). J’adore lorsqu’un bestiaire est riche et atypique ! De ce fait, je n’ai pas été déçue du voyage : il y a énormément de bestioles issues de races différentes… ainsi que tout un arsenal pour y venir à bout !

C’est donc dans cet incroyable monde hostile que va évoluer Samsara, alias Sam, une jeune fille de quinze ans. Or, à ma grande surprise, le quotidien de la demoiselle est assez proche du nôtre : elle passe du temps avec ses amis, Danny et Yvette, elle va en cours et elle a un petit job pour arrondir ses fins de mois. Pourtant, le danger est bien présent autour d’elle : il y a des monstres dehors, des zones interdites ainsi que des éléments radioactifs datant de l’Apocalypse. La couverture représente cela à merveille : on distingue trois ados insouciants, mais armés, se promenant au-dessus d’un égout à la couleur peu commune. En raison de leurs blagues ou de leurs échanges presque banals, on oublierait presque que la Mort les attend dans chaque ruelle ! J’avoue avoir été déstabilisée par cette attitude parfois irréfléchie : les trois comparses font des emplettes dans des magasins remplis de zombies, vont à une fête, se baladent en ville sans trop de souci et ont l’air de n’avoir peur de rien dès qu’ils ont leurs armes sous le coude. Pour ma part, je ne tiendrais pas deux secondes à Concordia, même avec un fusil et une batte à clous dans les mains ! J’étais donc étonnée par leur comportement.

L’intrigue va tourner autour de Kiara et Søren, deux jumeaux mutants faisant leur entrée au lycée. Or, pour la première fois, des non-humains vont avoir une scolarité normale. Cette nouveauté n’est pas bien vue par tout le monde, en particulier par les Edonistes, des extrémistes hauts placés dans la société ! Rapidement, on comprend que les humains ont une peur bleue de ceux qui ne leur ressemblent pas… La situation n’est pas sans rappeler l’année 1957 avec l’arrivée d’un groupe de lycéens noirs dans un établissement américain réservé aux blancs… Ici aussi, le racisme et le harcèlement sont bien présents ! Les réactions, aussi bien verbales que physiques, révoltent le lecteur qui, malheureusement, n’approuve pas forcément le comportement de Sam qui a tendance à se montrer agressive envers les deux Arachlings. D’ailleurs, je dois avouer que j’ai mis du temps à me faire à l’héroïne… Celle-ci est du genre insolent, sarcastique, égoïste, rebelle, dynamique, bagarreur et impulsif. Ainsi, même si j’ai aimé suivre ses aventures, elle m’a longtemps paru pénible ! Je n’appréciais pas non plus l’humour du trio : des vannes cassantes à gogo. Qui aime bien châtie bien, certes, mais il faut tout de même ne pas trop en abuser. Personnellement, j’aurais eu du mal à supporter ce groupe au quotidien ! De plus, bien que j’apprécie l’éclectisme du groupe (qui prouve que le racisme ne concerne plus la couleur, puisque l’on a des héros indiens, asiatiques et noirs), j’ai regretté que l’on ne développe pas davantage Danny et Yvette. Ces deux derniers ont énormément de potentiel et se révéleront plus sympathiques qu’au début du livre, notamment grâce à leurs fréquentations. Ils auraient mérité d’être un peu plus creusés…

Cette histoire m’a beaucoup plu ! Elle s’est révélée addictive, mystérieuse, passionnante, atypique et bien rythmée. J’ai particulièrement apprécié l’examen de survie en équipe, la découverte des Exterminateurs, la zone des mutants ainsi que le dernier tiers du roman qui se révélera intense. Certes, on notera quelques facilités ou des petits côtés clichés chez les personnages secondaires néanmoins, je me suis régalée ! De plus, j’ai été surprise par l’une des révélations et je ne voulais pas lâcher ma lecture. La fin, assez expéditive si on la compare à la lente mise en place, mérite un second opus… Ou un autre titre se déroulant dans le même monde. Vous l’aurez compris : Ariel Holzl m’a emportée dans son univers sombre au point que j’en redemande ! C’est d’ailleurs ce qu’a également ressenti Tachan avec qui j’ai réalisé cette chouette lecture commune. Comme la dernière fois, j’ai adoré nos échanges quotidiens. Son ressenti est un peu plus nuancé que le mien. Ainsi, je vous invite à le découvrir sur son blog afin de vous découvrir un second avis sur ce livre qui, à mon sens, saura plaire aux grands lecteurs ados comme aux adultes.

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Découvrez vite l’avis de Tachan :

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Citations

Décidément, les adolescents étaient plus mystérieux que les mutants…

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Je suis tombée sur la légende amérindienne du Wendigo.
– Wendy-quoi ? Ça a un rapport avec Peter Pan ?

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Le maquillage artisanal ne la rendait pas franchement sereine. Le maquillage artisanal chimique ? Encore moins. Surtout si c’était Yvette qui maniait les éprouvettes. Sans parler de ses conseils de séduction :
– Montre-toi vulnérable. Prends-le par les sentiments. ça va le faire craquer, en mode chevalier servant !
– Et si c’est juste un psychopathe qui veut me voir souffrir ?
– Encore mieux. T’auras l’air de la parfaite victime !
– Yvette, tu es la honte de la cause féministe postapocalyptique.

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Sam opina, même si elle avait été trop jeune pour utiliser ce fameux « Internet » quand il existait encore. De ce qu’elle en savait, c’était une gigantesque collection de vidéos de chats, non ?

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Ma note

4,5/5

7 réflexions au sujet de « « Bpocalypse » d’Ariel Holzl #plib2021 »

  1. Merci pour cette lecture co, ce fut vraiment un plaisir de partager mes impressions avec toi et d’échanger.
    Je te rejoins vraiment sur le bestiaire qui fut mon gros coup de coeur ici.
    Je n’ai pas soulevé le comportement surprenant de normalité des héros mais c’est vrai que ça a de quoi surprendre. Cependant cela crée un décalage savoureux je trouve, loin du sérieux factice de d’autres survival ado.
    Après comme toi, j’ai besoin d’un second tome. Je serais clairement frustrée si je n’avais pas de suite. Alors je croise les doigts >.<

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  2. Si je commence un peu à saturer du post-apo, rien que le nom de l’auteur me donne envie de lire le roman. J’ai une confiance aveugle en son talent… Pour les blagues cassantes, j’ai un peu l’impression que c’est sa marque de fabrique et si en général, ça m’insupporte, avec lui, ça passe bien. Mais je peux comprendre que cela déplaise…
    Comme tu dois t’en douter, le bestiaire que tu évoques titilles allègrement ma curiosité ! J’aime beaucoup quand les auteurs développent un bestiaire étoffé et qu’ils n’hésitent pas à mélanger les types de créatures…

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  3. Je crains que l’héroïne ne me tape aussi sur les nerfs, ainsi que les vannes incessantes du groupe d’amis. C’est d’ailleurs ce genre d’ambiance que je redoutais à la lecture du synopsis. Ceci dit, j’ai déjà lu un autre livre de cet auteur, et je reconnais qu’il a beaucoup de talent, notamment pour rendre la lecture addictive. Ça me rassure un peu, vis-à-vis du PLIB surtout. Car s’il fait partie des 5 finalistes, eh bien il va falloir que je m’y mette ^^.

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