Horreur·Science Fiction

« Et toujours les Forêts » de Sandrine Collette #plib2021

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Et toujours les Forêts »
Auteur : Sandrine Collette
Genre : Science-Fiction / Post-apocalyptique
Éditeur : JC Lattès
#ISBN9782709666152

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résumé du livre

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence. À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

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Ma critique

couv54847015Sandrine Collette, je la connais surtout grâce à mon amie Siabelle qui a dévoré plusieurs de ses écrits et qui m’a suggéré d’acheter quelques titres pour la médiathèque dans laquelle je travaille. Ses conseils furent avisés, car les retours des adhérents sont généralement positifs ! Or « Et toujours les forêts » a éveillé ma curiosité : non seulement, il a fait partie des nominés pour le PLIB mais, en 2020, il a également reçu le Grand Prix RTL-Lire ainsi que le prix Amerigo Vespucci. Alors, quand Leslecturesdudimanche a publié une chronique assez enthousiaste, j’ai décidé de m’y mettre à mon tour.

Ce qui m’a sauté directement aux yeux, c’est la plume de l’auteure. Elle est assez particulière, travaillée, onirique, moralisatrice et puissante. En quelques mots, Sandrine Collette emporte son lecteur et lui procure des frissons. Certes, il faut un peu de temps pour s’habituer au style néanmoins, on apprécie une fois que c’est le cas… En ce qui me concerne, j’ai été balayée par les émotions au début du livre, lorsque j’ai assisté à l’éducation du pauvre Corentin. Balloté de famille en famille, jamais choyé par sa mère, finalement abandonné à la vieille Augustine, le garçon n’aura jamais connu une enfance heureuse… En tant que jeune maman, j’ai été émue par ce jeune héros qui a souffert de l’absence d’amour maternel. C’est terrible… Hélas, ce n’était rien face à ce qu’il va arriver durant son adolescence. En effet, alors qu’il faisait la fête avec des camarades, le monde va être anéanti. La quasi-totalité de la population va disparaître. Il en va de même pour les animaux ou la nature. Que faire dans un monde où tout est détruit et où l’Homme devient lui-même son propre prédateur au lieu de s’entraider ? L’atmosphère est donc singulière, oppressante, sanglante et dure. La mort est partout. La violence n’est jamais loin. La faim tiraille le ventre. La peur et le désespoir coulent dans les veines des survivants qui ignorent de quoi demain sera fait… Bienvenue dans une ambiance post-apocalyptique qui donne froid dans le dos !

En tant que consommatrice des lectures zombies/post-apo, le scénario ne m’a pas apporté beaucoup de surprise. J’étais même étonnée que l’on ne détaille pas davantage les premières années dans ces terres dévastées. En réalité, l’auteure ne va pas forcément s’attarder sur l’aspect survie ou sur les origines de cette fin du monde. Il y aura beaucoup d’ellipses temporelles… Ce qui, dans un sens, n’est pas plus mal à mes yeux, car j’ai eu énormément de mal avec le rythme du récit. Certes, on m’avait avertie que le texte était très contemplatif cependant, j’ignorais que ce serait à ce point ! Je l’avoue : je me suis ennuyée. Bien sûr, les émotions étaient là (notamment lors de la bataille finale avec la décision du fusil) et la narration était très axée sur la psychologie du trio principal néanmoins, je pensais que les choses bougeraient davantage…

Ce trio éclectique ne m’a pas laissé indifférente… Malheureusement, ce ne fut pas dans le bon sens du terme… Comme dit plus haut, je ressentais de la compassion pour Corentin. J’étais donc touchée par ses premiers pas dans le chaos et j’espérais qu’il retrouverait vite des proches ou tisserait aisément des liens avec d’autres rescapés. Hélas, l’un de ses choix m’a tétanisée. Or, j’étais encore plus bouleversée par le fait que l’auteure lui donne des excuses ou banalise son acte… Pour moi, le message était aussi étrange que dérangeant. Bien sûr, je comprends l’idée de retourner à une sorte d’instinct animal… mais est-ce une raison pour justifier ou atténuer la gravité des actions qu’il aura ? Et que dire du personnage de Mathilde ? Sa personnalité mi-soumise mi-combattive m’a laissée perplexe, tout comme son intervention en fin d’ouvrage ou encore son pardon qui m’a écœurée… Tout au long de l’ouvrage, j’ai été incapable de savoir quoi penser de ce tandem. En revanche, mon affection pour Augustine est certaine. Quelle vieille dame adorable, protectrice, observatrice et sage !

« Et toujours les forêts » est un titre contemplatif et poétique qui ne laissera pas de marbre, que ce soit pour son rythme, ses personnages déroutants, le contexte ou encore la plume de l’auteure. Je reconnais la qualité du style de Sandrine Collette ainsi que les émotions qu’elle a su susciter chez moi… Hélas, je déplore réellement certaines de ses idées, notamment à travers ce héros qui, à mes yeux, commet l’irréparable, mais que l’on défend malgré tout ou que l’on excuse en raison de son passé douloureux… Voilà qui est déstabilisant !

logo-plib.

Citations

S’ennuyer. Une chance inouïe, ajoutait-elle. S’ennuyer cela ne faisait pas de douleurs aux bras, ni aux jambes, ni au dos, ni aux mains que l’arthrose avait commencé à déformer. Cela ne pliait pas le corps, cela n’affolait pas l’esprit. C’était du temps béni : celui où on peut inventer le monde. Rien n’empêchait. Rien n’interdisait.

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Il regardait les Forêts et cela lui faisait penser à un dessin à l’encre de Chine, cela lui faisait penser à des squelettes que quelqu’un aurait peints en noir avec la régularité et l’acharnement d’un être malade.

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Il fallait vivre chaque jour comme s’il était le dernier – pas pour se faire peur, mais pour avoir le moins de regrets possible. De toute façon, il en resterait. De toute façon, la mort n’était jamais parfaite.

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Les hommes étaient intrinsèquement des meurtriers. Ils puaient la mort. Aussi stupides que les cellules cancéreuses détruisant les corps qui les abritent, jusqu’à claquer avec eux. Tuer et être tué. Insensés.

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Ma note

2/5

7 réflexions au sujet de « « Et toujours les Forêts » de Sandrine Collette #plib2021 »

  1. Je comprends totalement l’aspect dérangeant de cette décision… et là pauvre Mathilde est tiraillée entre l’horreur de l’acte et ce que lui apporte la conséquence, c’est admirablement humain mais bien sûr, ça n’excuse rien, ni ne le justifie… mais j’ai apprécié cette façon qu’à eu l’auteure de voir le monde d’après.

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