Fantastique/Fantasy·Horreur·Romans policiers / Thriller

« Passé déterré » de Clément Bouhélier

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Passé déterré »
Auteur : Clément Bouhélier
Genre : Horreur / Fantastique / Thriller
Éditeur : Éditions Critic

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résumé du livre

Quelque part dans la campagne autour de Vernay, un car scolaire conduit par un chauffeur saoul s’écrase dans le fossé. Sept enfants périssent dans l’accident. Six ans plus tard, lorsque l’ancien conducteur du car est retrouvé assassiné chez lui, les souvenirs se réveillent. Marquée par la disparition de son fils, Estelle Baupin est aspirée dans le tourbillon de l’enquête. Elle comprend rapidement que des forces mystérieuses oeuvrent dans l’ombre, bien décidées à faire payer les responsables du drame. Alors que les morts se multiplient, Estelle sait que pour les arrêter, elle doit découvrir le lourd secret qui pèse sur Vernay. Et faire face à son propre passé.

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Ma critique

J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman d’horreur qui réunit tous les éléments de base pour accrocher le lecteur : une introduction sanglante où un carnage a lieu histoire d’annoncer la couleur, un début lent qui permet de découvrir chaque personnage et l’état d’esprit de chacun suite au drame, des petits éléments qui surprennent, des morts qui tombent au compte goutte, un côté thriller qui prend le pas dès la moitié du livre passée et un final haletant. Alors non, on ne sort pas du scénario classique, mais qu’est-ce que c’était bien quand même ! Ce genre d’ouvrage où le rythme monte crescendo me plaît énormément. L’auteur a pour influence Stephen King et cela se sent ! On est exactement dans une ambiance comme le maître de l’horreur sait le faire ! couv36500139Avec ce procédé scénaristique, on s’immerge progressivement dans le récit et, au fur et à mesure de têtes qui tombent, le stress nous gagne et on cherche vraiment à comprendre ce qu’il se passe et comment arrêter ce chaos. Le fait que tout se passe dans la petite bourgade, dans un huis-clos mystérieux, renforce le sentiment de terreur. Quelque chose en a après les habitants et ne compte pas interrompre son avancée funeste…

Au départ, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec « Les Enfants de Peakwood » de Rod Marty où il est également question d’un accident de bus, de deuil général et d’éléments surnaturels… Heureusement, les deux histoires se développent différemment. La plume de Clément Bouhélier est fluide, intéressante et facile à lire. Il dose aussi bien les émotions de ses protagonistes que les scènes d’action ou celles d’horreur à coups d’hémoglobine. Afin de donner une meilleure vision d’ensemble et de développer une poignée d’individus, l’auteur utilise la narration alternée. On papillonne alors chez la majorité des personnages : les principaux (Estelle, une professeure de français, et Alexandre, un ex-pompier), des importants (Noël, le frère du chauffeur de bus qui a provoqué un accident scolaire mortel, le petit Timothée, Carine, l’une des mères ayant perdu son enfant), les forces de l’ordre, mais également les forces maléfiques qui se terrent et qui sont prêtes à passer à l’action) et les futures victimes que l’on découvre juste avant de périr. J’avais peur d’être perdue par la grande quantité de citoyens à prendre en compte néanmoins, on finit rapidement par cerner ceux qui feront bouger le scénario et ceux qui serviront de gueuleton aux êtres qui sèment la Mort. De ce fait, je n’ai pas été perdue. Cela dit, ce n’est pas pour autant que j’ai ressenti un attachement pour les personnages principaux. Je ne nie pas que je les ai appréciés et que je me suis demandé s’ils allaient survivre, mais on ne peut pas parler d’attachement.

En plus de l’action et de la tension qui montent en flèche ainsi que de l’ambiance angoissante bien maîtrisée, j’ai également apprécié la façon dont l’auteur a abordé les thématiques du deuil. Les retombées du drame sur la populace, les réactions à chaud lorsque l’on apprend la mort d’un proche, les rancœurs que l’on tente d’effacer avec le temps, les non-dits, les couples qui se séparent ou, au contraire, se soudent encore plus, le village entier en deuil qui se replie sur lui-même, etc. Chacun réagit différemment au traumatisme. Ainsi, Clément Bouhélier présente plusieurs cas de figure qu’il va traiter judicieusement et sans rentrer dans le pathos. L’Amour infaillible d’un parent, que ce soit une mère ou un père, est bien développé. Enfin, l’idée de l’origine du phénomène avec cette étrange femme au crâne rasé, le passé du village et la façon dont le carnage est apparu m’ont beaucoup plu. D’ailleurs, hormis le fait que la construction scénaristique soit classique et l’affrontement final qui ne m’a pas surprise (je m’attendais à ce qu’Il intervienne…), je ne trouve rien à redire sur ce ouvrage !

C’est une bonne lecture pour ceux et celles qui cherchent de quoi frémir pendant le mois d’octobre ! Pour les habitués du genre, vous avez là une histoire classique mais aussi prenante qu’haletante ! Pour ma part, je me suis vu vérifier une ou deux fois si j’avais bien fermé mes volets… (comprendront ceux qui ont lu le roman…). « Passé déterré » est donc un bon livre dans le genre. Il m’a donné envie de me pencher sur la duologie « Chaos » écrite par l’auteur où il est question de zombies. Or, je voulais d’abord découvrir la plume de Clément Bouhélier dans un one-shot. C’est à présent chose faite et j’y ai adhéré ! Prochainement, je ferai donc une halte dans un Paris infesté de revenants putréfiés…

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Citations

Faut dépasser ça, ou bien tu deviens fou.
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Il raccroche. Respire lentement. Il a le sentiment qu’il peut appeler tous les renforts du monde. Cela ne changera rien : quelqu’un règle ses comptes. Et ne s’arrêtera pas avant d’en avoir terminé.

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Un peu plus loin dans le village, tout près du bois qui sépare Vernay et Malbreuille… un chien tiré de son sommeil se redresse brusquement. La truffe au vent, il se précipite vers la barrière du jardin. Il a senti quelque chose. Quelque chose que, jusqu’alors, il ne connaissait pas. L’odeur est froide. Dérangeante pour le flair de l’animal. C’est tout proche. Ce qu’il a senti va passer à côté de la maison de ses maîtres. Le chien lâche une série d’aboiements stridents. Mais, dans la maison, nul ne se réveille.
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Ma note

4,5/5

4 réflexions au sujet de « « Passé déterré » de Clément Bouhélier »

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