Fantastique/Fantasy

« Du roi je serai l’assassin » de Jean-Laurent Del Socorro #PLIB2022

emilie Un avis de Saiwhisper

Titre : « Du roi je serai l’assassin »
Auteur : Jean-Laurent Del Socorro
Genre : Fantasy / Roman historique
Éditeur : ActuSF

#ISBN9782376863519

.

résumé du livre

Espagne, Andalousie, XVIe siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique. Sinan est un enfant qui vit avec sa sœur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoie à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là-bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion…

.

Ma critique

couv6107499Lorsqu’il a été finaliste pour le PLIB en 2020, j’ai découvert « Je suis fille de rage ». Une première avec le style de Jean-Laurent Del Socorro, pourtant déjà croisé lors des Imaginales à Épinal. Or, bien que le contenu soit aussi intéressant que riche, j’avais eu beaucoup de mal avec les nombreux personnages et avec le surplus d’informations. De ce fait, j’étais passée à côté. Néanmoins, quand « Du roi je serai l’assassin » a fait partie des 25 finalistes du PLIB 2022, j’ai voulu laisser parler ma curiosité, si bien que j’ai tourné les pages de ce nouvel ouvrage historico-fantasy… Et quelle bonne surprise ! Ce fut une lecture mature, intéressante et prenante !

À mes yeux, les personnages sont réellement la force de cette histoire. En plus d’être complexes, sensibles et tous en nuances, leur psychologie est extrêmement bien développée. On va les voir évoluer, faire des erreurs, se blesser, aller de l’avant, se haïr et s’aimer. J’ai été fasciné par leur parcours au fil de l’aventure ainsi que par leurs relations atypiques. Ma préférence va Sinan, le narrateur de la première et seconde partie. Son côté anti-héros assumé digne de « Waylander » (David Gemmell) m’a charmée. Il m’a souvent émue. J’ai été très sensible à son vécu, ses idéologies et son lien avec certains protagonistes, notamment sa jumelle, son père, la benjamine de la famille ou encore son meilleur ami. Rien n’est jamais simple. Leur comportement aussi trouble que peu ordinaire m’a marquée.

Comme dans « Je suis fille de rage », l’auteur a démontré qu’il avait fait énormément de recherches sur cette période historique. Avec brio et sans lasser son lectorat, il dépeint l’atmosphère politico-culturelle et religieuse de l’époque du XVI ème siècle. Honnêtement, j’ai été troublée par le travail de Jean-Laurent Del Socorro autour de l’idée de double identité des héros, que ce soit durant leur enfance ou lorsqu’ils vont se retrouver à Montpellier. La thématique de la religion est très présente néanmoins, c’est toujours décrit avec justesse et cela suit des éléments historiques bien solides. Honnêtement, ce ne fut pas évident de savoir ce qui appartient à la réalité et à la fiction tant certaines choses sont bien retranscrites.

Certes, le rythme peut faire défaut cependant, cela n’a pas été le cas pour moi. J’ai dévoré ce titre en deux jours et j’y retournais avec plaisir. Malheureusement, je comprends les lecteurs ayant estimé que le rythme des trois parties était en dents de scie. L’impression de rythme irrégulier doit sans doute être accentuée si on met un peu de temps à lire ce roman. Il y a des moments de creux. Les twists arrivent ponctuellement, mais jouent toujours la carte des émotions et de l’inattendu. En ce qui me concerne, j’ai été captivée par les protagonistes, émue par certains rebondissements particulièrement bouleversants et j’ai été impressionnée par la multitude de sujets abordés (que ce soit de façon éphémère ou creusée au fil des chapitres).

J’ai constaté que « Du roi je serai l’assassin » s’inscrit dans la continuité d’une saga. Honnêtement, je n’ai pas été perdue pour autant ! Même si trois œuvres (romans et nouvelles) ont été publiées avant, ce titre peut se lire de façon indépendante. Cela dit, j’ai lu grand bien de « Royaume de vent et de colères »… Quand ma PAL aura un peu diminué, j’irai retrouver avec plaisir la plume de l’auteur !

.

plib2022

.

Citations

.

L’Église catholique tasse les hérétiques comme des balles au fond d’un mousquet. Si le coup ne part pas, c’est l’arme tout entière qui risque d’éclater.

—————

Le bûcher s’éteint peu à peu. L’Église pense pouvoir mettre ainsi un terme à la Réforme. Elle ne réalise pas que les flammes ne brûlent pas les hérésies, mais seulement les liens qui retiennent la colère de ceux qu’elle cherche à opprimer.

—————

J’ai souffert d’avoir voulu absolument aimer cet homme, simplement parce qu’il était mon père. J’étais honteux de ne pouvoir y parvenir, car je pensais que c’était mon devoir de fils. Maintenant que j’accepte de le voir tel qu’il est, un être violent et égoïste, je me sens enfin libre de le détester.

—————

Les rimes n’y changent rien : les poètes meurent comme les autres.

.

Ma note

4/5

6 réflexions au sujet de « « Du roi je serai l’assassin » de Jean-Laurent Del Socorro #PLIB2022 »

  1. Waw j’ai juste eu besoin de lire la première phrase pour avoir envie de me jeter sur ce livre ! Déjà, j’adorais la couverture. J’aime beaucoup cette espère de reflet, ce jeu de lumière. Et puis, la complexité apparente des personnages m’attirent ; c’est un des critères numéro 1 lorsque je prends un livre ; de bons personnages :))

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s